Le "CENTRE DE RECHERCHE BUDO" en deux mots ...
Créée en 1974, cette association sans but lucratif (Loi 1901)
fonctionne toujours comme un "ryu" (école) sous lautorité directe et
exclusive de Sensei HABERSETZER, 8ème Dan Japon, mais a volontairement réduit son
audience et ses activités à léchelle de quelques dojo et instructeurs
sélectionnés (Karatedo, Ko-Budo, Tai-Chi, Tai-Jitsu). Toute nouvelle affiliation est
désormais difficile...
Le CRB groupe des dojo en France et à létranger: Belgique, Allemagne, Suisse,
Canada, Russie,... Il se bat farouchement pour la défense des valeurs traditionnelles des
arts martiaux, refuse notamment toute orientation sportive déformante, et reste en dehors
de toute fédération dite "officielle".
Si, responsable de dojo, vous désirez cependant, vraiment, le rejoindre, pour avoir fait
les mêmes choix, veuillez préciser vos qualités (CV dans les arts martiaux), le dojo
qui serait concerné, le nombre de membres, vos motivations. Joignez une enveloppe
timbrée pour toute correspondance. Merci.
Les affiliations au CRB en tant que "membre actif" se font
de septembre à septembre, et à 2 niveaux : celle au titre du dojo désireux de se
rallier à lenseignement de Sensei Habersetzer, obligatoirement suivie de celles de
lensemble des membres de ce dojo, SANS EXCEPTION. Laffiliation à titre
individuel nest pas possible. Le Comité Directeur du CRB se réserve le droit de
refuser toute demande daffiliation, ou de ne pas la renouveler, si
lorientation du dojo, du ou des membres concernés, ne lui semble plus conforme à
léthique défendue par lassociation.
|
|
Le "CENTRE DE RECHERCHE BUDO" :
le pourquoi et le
comment ...
Voici comment cela a été dit dans la présentation quen a faite Ludovic Mauchien dans la revue Karaté-Bushido de mars 2000, et que nous reproduisons
ici :
Le Centre de Recherche Budo de Roland Habersetzer,
héraut de la Tradition ...
Déçu par lévolution sportive que prenait le karaté, Roland Habersetzer créait, en 1974, le Centre de Recherche
Budo. Destiné à enseigner les arts martiaux comme un art de vivre, le CRB voulu par ce dinosaure du karaté français compte aujourdhui 22 clubs répartis dans 6 pays.
Le CRB est une amicale, régie par la loi de 1901, formée pour que tous les budokas concernés par lavenir spirituel des
Budo, menacés par leur évolution trop exclusivement sportive, possèdent un point de ralliement où ils pourront régulièrement progresser dans la technique et lesprit traditionnel. Extraites des statuts du centre de Recherche Budo
(CRB), ces quelques phrases résument parfaitement le combat que mène depuis des lustres son créateur, Roland
Habersetzer.
En 1974, cet ancien élève dHenri Plée à la Montagne Sainte Geneviève (1956-1957), qui fut lun des premiers à devenir ceinture noire en France (1961), décide de couper les ponts avec les instances fédérales. Je me suis rendu compte que la Fédération était devenue une grosse machine et que lon payait le prix du passage à la masse, explique aujourdhui Roland
Habersetzer, et je persiste et signe.
Opposé à la compétition car elle développe le mauvais côté de lhomme, Roland Habersetzer a donc créé voici 26 ans, le
CRB. Vivant complètement en marge de la fédération française, cette association compte aujourdhui 22 clubs affiliés, du Québec à lOural, se plaît à remarquer Roland
Habersetzer. Chaque dojo est indépendant sauf en ce qui concerne la méthode denseignement, explique-t-il. Si un dojo veut faire partie du
CRB, il doit effectuer une demande, renouvelable tous les ans. Sil ne respecte pas léthique, on ne le garde pas au sein du CRB.
Le Centre de Recherche Budo compte quelques 800
membres ...
Léthique, cest labsence de compétition et une approche traditionaliste et culturelle du
Budo.Le CRB nest pas une secte, cest une école traditionnelle, affirme son président-fondateur. Les passages de grades, par exemple, saccompagnent de questions culturelles. Mais on ne demande quand même pas une connaissance encyclopédique, simplement des noms de styles anciens, de maîtres.... Autre exemple de cette voie traditionnelle choisie par Roland
Habersetzer: pour se présenter au passage de ceinture noire, il faut que le professeur de lélève concerné ait au préalable validé la demande, à lancienne, en quelque sorte. Je ne
transige jamais sur les grades, assure-t-il, je ne fais aucune concession. Cest bien dailleurs ce que je reproche au sport. On ne doit pas mélanger les genres et donner des Dan à ceux qui se construisent un palmarès. On a aujourdhui des 5è Dan qui sont incapables dexpliquer lesprit à des élèves.
Auteur de 63 livres en trente ans, dont le Guide Marabout du Karaté en 1969, qui fut traduit par la suite en plusieurs langues, Roland Habersetzer na cessé de combattre lidée de la compétition tout au long de ces années. Le CRB est bien évidemment lillustration de ce combat. 26 ans après la création du Centre, même si le ton se veut plus diplomatique, Roland
Habersetzer campe toujours sur ses positions. On ne fait la guerre à personne, affirme-t-il, on ne dénigre pas. On est simplement ailleurs. Le karaté sportif est une
autre logique, une certaine approche du karaté, mais il y a autre chose derrière, une évolution. Quelque part, je dis chapeau à celui qui est champion du monde ou champion olympique, mais ce nest pas une échelle de valeur. La compétition nest pas un combat pour la vie. Lenjeu est nul; alors il faut relativiser.
Le CRB constitue une approche traditionaliste et culturelle du
Budo ...
Ce qui passionne Roland Habersetzer et, donc, forme lessence et léthique du
CRB, cest léducation Budo, celle qui forme le guerrier, celle qui nécessite un investissement personnel qui va au-delà de la simple expression technique et physique. En compétition, les gens repartent avec lillusion dêtre les meilleurs. Cest joli, esthétique, machin,
enfin tout ce que lon veut, mais ce nest pas une école de la vie. Et, malheureusement, on construit la société là-dessus. Je crois quun individu ne peut avoir le concept de la vie et de la mort que sil possède une arme entre les mains. Et le karaté sportif nest pas une arme. Par exemple, un mae-geri qui passe en compétition ne passera pas forcément lors dun vrai combat. Je préfère suivre lidée dun vieux proverbe japonais qui stipule que larme est un trésor dans son fourreau. Cette notion darme quest le
Budo, mais dont il ne faut pas se servir, je trouve cela formidable. Cette logique, Roland Habersetzer lenseigne dans son Dento Budo Dojo à Strasbourg, le dojo mère du
CRB, mais lapplique bien évidemment lors des stages organisés par le
CRB. A bientôt 58 ans, le Sensei du Centre de Recherche Budo continue de voyager pour distiller son savoir, une habitude quil a prise dès 1962 quand il était alors chargé par la fédération de développer le karaté dans lEst de la France.
Aujourdhui, les membres du CRB se retrouvent deux fois par an, en hiver et en été, lors de stages de grande envergure. Le dernier en date, organisé à Strasbourg, a été loccasion de fêter le 25è
anniversaire du CRB. Le précédent, en été 1999, sétait déroulé au Québec. Riche de laffiliation de 22 clubs, ces stages peuvent regrouper jusquà 200 participants. Le nombre nest pas important, souligne cependant Roland
Habersetzer, dailleurs, je reste très sélectif quand il sagit daccueillir un nouveau dojo sinon on serait 5000. Et je ne veux pas retomber dans le piège de la massification. On peut fonctionner avec des dojo de 10 à 15 personnes. Je men fiche davoir 150 licenciés en plus. Au
CRB, on déboute plutôt quon ne recrute. Je ne vis pas du karaté. Je suis professeur dhistoire et de géographie. Je vis une passion, celle du Budo.
Au CRB, on déboute plutôt quon ne recrute...
Un choix de vie, un art de vivre avec une évolution culturelle et spirituelle en parallèle. Il faut que les gens évoluent dans le Budo à travers la
recherche, comme ils respirent lair, précise Roland Habersetzer. Le Budo vous accompagne jusquà la mort et est assorti dune évolution spirituelle. Je me sens dailleurs mieux quil y a vingt ans, même si jai des petits problèmes de récupération aujourdhui.
Avec neuf clubs en France, quatre en Belgique et quatre autres en Allemagne, deux en Suisse, deux en Russie et un autre au Canada, le CRB poursuit tranquillement sa vie, dans son coin. Une fierté pour son créateur ? Non, je ne suis pas fier, lâche-t-il, mais cest une grande satisfaction. Celle de mapercevoir que mes intuitions sont devenues des certitudes au fur et à mesure que javance dans lautomne de la vie. Cest chouette quelque part.
|